À Rennes, les militants d'extrême gauche taxent Égalité et Réconciliation d'association d'extrême droite. Mais ses membres souhaitent quant à eux mettre en avant la pluralité de leurs profils. Se défendant de tout lien avec le Front national, ils fustigent l'état actuel de la démocratie et critiquent la logique des partis. Nous en avons rencontré une dizaine, dans un café qu'ils ont l'habitude de fréquenter.
Gauche marginale : entre humanisme et radicalité
À Rennes, le terrain de l'extrême gauche « désinstitutionnalisée» est complexe. Autonome, hybride, en mutation constante, foisonnant de groupes et collectifs plus ou moins informels, il cristallise les données de l'engagement hors-parti. L'unité parfaite est un euphémisme. Mais le rejet massif du vote, une réalité. Comme l'écrivait l'auteur Christophe Boursiller en 2006 : « Les militants continuent de se méfier comme de la peste de la démocratie bourgeoise. A l'extrême gauche, on ne croit toujours pas dans l'élection ». C'est autour de ce point d'ancrage que se développe l'enquête menée auprès des jeunes interlocuteurs rencontrés, qu'ils soient Indignés, chômeurs en lutte, antifascistes ou anarchistes. Les langues se délient, entre proposition d'un ordre nouveau et virulence à l'égard des opposants.
Société, tu m’auras pas
Diffusions de tracts, collages d’affiches nocturnes, comme tous les partis en lice pour les présidentielles de 2012, les militants du NPA occupent l’espace public. Malgré un faible taux d’intentions de votes pour leur candidat, la quinzaine de jeunes adhérents rennais reste mobilisée. En effet, s’ils sont peu représentés dans les institutions, c’est par les actions de terrain qu’ils souhaitent rallier les français à leur cause.
Il milite en front ennemi
Étudiant en droit à Rennes depuis septembre, Paul Lucas a commencé à militer au Front National dès ses seize ans. À l’heure où plus que jamais le parti frontiste fait de l’œil à la jeunesse, il nous décrit son parcours atypique et les réalités de son militantisme dans une ville profondément ancrée à gauche.
Sylvain Crépon : « L’apparent renouveau du FN séduit les jeunes »
Le nouveau credo du Front National : draguer les jeunes. Sylvain Crépon, chercheur au laboratoire de Paris Ouest Nanterre, évoque un parti moins sulfureux mais toujours hors-système qui sait travailler son image.


