Ils avaient entre 17 et 20 ans lorsque, en 2006, la mobilisation sociale contre le Contrat Première Embauche (CPE) les a bousculés. De la politique, ils ne connaissaient presque rien jusqu’à ce qu’elle s’invite dans les facultés. Au sein des assemblées étudiantes, ils ont redéfini le sens du collectif et de la démocratie qu’ils voulaient. Ce qu’ils n’ont pas tout de suite perçu, c’est l’intensité du changement qui s’opérait en eux, au-delà de la revendication. La mobilisation a façonné leur identité actuelle : des militants continûment engagés dans la lutte.
En campagne !
La Dorée, petite commune de Mayenne ne compte que quelques centaines d’habitants. Dans ce milieu rural, la politique se joue au niveau du canton ou de l’Europe. Si revendication il y a, on s’adresse soit au maire, soit à Bruxelles. À l’évocation de Paris, les jeunes Doréens haussent les épaules, l’air de dire que la capitale n’a pas grand rôle à jouer dans leur quotidien. Plongée au cœur du village mayennais.
Comme papa, ils regardent à gauche
S'il existait un cliché de l'alignement politique des enfants sur celui des parents, la famille Gizard en serait l'illustration. Le père, Xavier, milite au Parti socialiste depuis plusieurs années. Sa femme, bien que non encartée, partage souvent les mêmes idées. De fait, les enfants emboîtent le pas, ce qui ne les empêche pas de se chercher encore. En attendant de brandir, peut-être, le poing et la rose, ils gardent le cœur bien accroché à gauche.
La politique, ils ne vont pas se fâcher pour ça
Dans sa famille, il fait montre de sa différence. Tanguy M. est en effet le seul à militer dans un parti. Encarté au Modem, il assume un engagement politique total, qui l'amène à assurer la fonction de vice-président dans la branche jeunesse de la section Bretagne. Ses parents et son frère, eux, se disent « désintéressés » par le jeu politique actuel et strictement a-partisans. Le contexte familial est donc tout sauf le cliché d'un consentement parfait. Mais ils n'en font pas toute une histoire.
La politique en héritage
"La socialisation politique est un processus majeur de la transmission intergénérationnelle et la famille en est le lieu par excellence", affirme Fabienne Federini, sociologue au CNRS.
Être militant ou ne pas être
Élevé dans une famille catholique, Kaou était enfant de chœur. Aujourd’hui, à 25 ans, il assume de hautes fonctions au Syndicat des travailleurs de Bretagne (SLB), d’orientation extrême gauche. Kaou lui-même est extrême : il a pratiqué la "politique de l’établi" dans le milieu du bâtiment, il est parti se former au militantisme à Cuba, en Martinique, en Guadeloupe. Comment la mobilisation du CPE l’a-t-elle, à ce point, érigé en militant alors qu’il n’avait que 19 ans ?
S’engager pour éveiller les consciences
Marie Herrault est la responsable du Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC) dans les Pays de la Loire. Engagée dès l’adolescence en milieu associatif, cette jeune professionnelle s’attache à transmettre ses valeurs et aider les jeunes dans leur quête de conscience politique. Rencontre avec une militante qui n’a pas la langue dans sa poche.


